Le parlement et la crise du gaz – une opinion personnelle de А. Кlimov, député de la Douma de la Fédération de Russie (Rus)


Ce n’est pas pour la première fois que l’Ukraine fait « un scandale du gaz » la veille du jour de l’An. A première vue, tout est clair: lalivraison du gaz russe à l’Ukraine est réglée par un contrat et elle doit satisfaire à ses obligations.

Mais au lieu de le faire, elle cherche un scandale international en profitant de son statut d'un pays transitaire. Le transit du gaz russe vers l'Europe, dans sa plus grande partie, passe par l’Ukraine et elle peut, techniquement parlant, recourir au siphonnement du gaz destiné aux consommateurs européens.
Toutefois, Kiev tient, apparemment, à faire voir la situation à l'envers et mettre en jeu la renommée de la Russie en tant que fournisseur fiable.  Il s’agit d’une manipulation d’opinion publique, facile à faire passer le week-end ou les jours fériés, où une résolution d’un conflit  s’avère particulièrement difficile. A propos, c’était la façon d’agir du président géorgien Saakachvili, ami du président ukrainien,  qui était allé à l’assaut  de l’Ossétie du Sud la veille du week-end, le jour d’inauguration des Jeux Olympiques, en période de vacances parlementaires. A l’époque, il nous était très difficile de dialoguer avec nos collègues européens pour leur faire comprendre la position de Russie.
Malheureusement, une nouvelle crise du gaz rappelle trop la situation du mois d’août : de nouveau, elle « s’est révélée » en période de fêtes, l’Europe est en vacances. De nouveau, il est très difficile de faire comprendre la position de Russie.  De nouveau, cela donne une possibilité d’embrouiller une question assez simple et de rendre coupable un innocent à l’aide d’une propagande unilatérale.  
Mais le noyau du problème n’est pas dans une recherchedes coupables. Il est dans l’impossibilité de livrer le gaz russe à l’Europe en détour de l’Ukraine. Ce qui veut dire que c’est dans l’intérêt des Européens de voir clair dans cette affaire. Je crois, que les pays membres de l’UE sont intéressés à comprendre eux-mêmes où est la source du « conflit du gaz » pour faire ensuite, en efforts communs, acquitter ses obligationscelui qui les a violées.
Je pense que les parlements de nos pays, avant tout, les Parlements russe et Européen, pourraient contribuer à une résolution du conflit. C’est dans ce but que le Comité pour la coopération interparlementaire Russie-UE a été créé il y a dix ans. Je crois que le Comité pourrait se réunir en session extraordinaire, disons avant la fin janvier. Il s’agirait des débats parlementaires avec une participation des députés représentant les Commissions des affaires étrangères, du commerce international, de l’économie et de l’énergétique.  Un des dirigeants du Gazprom pourrait y intervenir pour défendre son point de vue et pour répondre à toutes les questions, avec des documents en main. Je suis persuadé que cette rencontre correspondra, avant tout, aux intérêts des citoyens de l’UE qui ont besoin du gaz russe. Une propagande importe peu, ce qui importe ce sont des décisions prises  suivant une information fiable. Je suis persuadé que les arguments de partie russe rendront claire cette dispute et  que les débats interparlementaires sur ce sujet actuel seront un apport réel de nos parlements au renforcement de la compréhension mutuelle libre de préjugés et d’obstacles artificiels.
J’espère que nos collègues européens feront preuve de compréhension et les débats que nous proposons auront lieu en janvier 2009.
 
le 3 janvier 2009
KLIMOV Andreï

Député de la Douma d’Etat, membre du parti « La Russie Unie ».


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